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Publié par la tortue à plumes

Dans le précédent article : La longue nuit de Mr jour acte 1, je vous les annonçais.

Les voici, l'attente a été longue mais les jolies choses le  méritent ! 😃

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PALMARES des écrivantes de l'atelier d'écriture créative du CSC des F.J.**
 
 
Prix poésie -
2e prix
Mariame Id Brahim
Randonnée de mon enfance > p.75
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Prix souvenirs -
5e prix
Antoinette Lalève
Par tous les chemins > p.159
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Prix souvenirs -
prix mention T.B.
Odette Sakka
Je restais là près de lui >p.163
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Coups de coeur - adultes
mention T.B.
Roselyne allen
Quand je fus  > p.231
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Finalistes - encouragements
Aïcha Lebrun
Jour ou nuit > p.258
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**Textes à retrouver dans le collectif (soit en MP, soit auprès de Gens du Monde)
Tous les textes ont été écrits individuellement, hors les ateliers
 
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La longue nuit de Mr jour : textes des lauréates

🌝🌞🌝🌞🌝🌞

 
La randonnée de mon enfance
Mariame Id Brahim
 
Cap sur Tétouan, ville perchée
Au dessus des montagnes, 
On peut apercevoir une petite maison
La température avoisine les 35°…
 
Que la voix de mon père me trouve enfin
Je l’entends de loin qui m’appelle, 
Je suis assise sur ce gros rocher
Tout en haut de cette colline, coincée
Me demandant ce qui m’a pris de partir
Seule, sans garde du corps.
Je suis bien la fille de mon père 
Je suis entourée de grosses pierres 
De tailles différentes.
Personne à l’horizon, à part quelques volatiles.
Une angoisse s’empare de ma cage thoracique
Je peux voir en face de moi, la mer
Le soleil se reflétant sur cette eau translucide
Je sens ce parfum me caressant les narines.
 
Plus tard, on verra
en fin de journée, fascinée par le coucher de soleil
Je décide de m’abriter dans cette cabane,
Très cosy, rustique,  de la vaisselle de première 
Nécessité et un petit réchaud.
Je commence par faire la prière,  puis je réfléchis 
A ce que je vais bien pouvoir faire de ma soirée.
Dix minutes se sont écoulées… plus tard 
Avant toute autre chose, 
Je me mets en pyjama afin d’être à l’aise. 
Je me prépare un verre de thé.
Je m'assois sur cette  une peau de dromadaire très confortable. 
Je me rappelle que cette peau a été confectionnée
Par mon père et mon grand-père 
Qui avait une petite boutique de tannerie
 
Dedans le jour, dehors la nuit… je ne sais plus très bien.
Je sirote mon infusion et organise mon retour 
Sur la terre ferme après une journée et demie d’aventure
Depuis ma petite campagne natale 
Je baille, les paupières sont lourdes,
Je sens ma tête basculer de droite à gauche
Je ne mets pas longtemps avant de m’endormir
Dans mon rêve, je me vois en Chrysalide, 
Je me transforme en papillon, et déploie mes ailes.
Je suis réveillée par un grand soleil qui 
S’installe dans  le cabanon familial. 
J’ouvre les yeux, après un rêve plus qu'étrange,
Je m'étire et m’habille en quatrième vitesse.
Je range mon paquetage avant de reprendre la route 
 
Avant, je fais le ménage  tout en mangeant une pomme 
Puis plus tard, je mets mes chaussures,  
J’enclenche la poignée lorsque que je sens la chaleur
Traverser la paume de ma main 
Je ferme la porte à clef, puis descend 
D’un pas décidé quand soudain…
Ce son sonore très assourdissant 
Je comprends tout de suite que c’est le départ d’un 
Paquebot allant de Tétouan à Tanger 
Sur mon chemin, je tombe nez à nez avec un agneau
 Qui s’est sûrement égaré. Il est effrayé et inquiet 
Je m’approche tout doucement et lui chuchote 
Que tout ira bien. Il me suit et on continue notre  route.
 
Plus que quelques mètres,  j’essaie de trouver une sortie-de-secours  
Mais je ne la trouve pas. Ça y est je suis perdue.
Mon cœur bat à deux cents à l’heure. Je respire un bon coup.
Je vois au loin un berger conduisant son troupeau de moutons.
A cet instant , je fais le lien avec le petit 
Que j’ai croisé plus tôt sur le chemin. 
Il est 15h00 lorsque je franchis le pas de la porte 
Je retrouve ma famille, les prends dans mes bras 
Je m’installe confortablement dans le canapé
Et commence à leur raconter mon périple.
Une de ces journées que je n’oublierai jamais.
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Par tous les chemins
Antoinette Lalève - (fragment)
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Par tous les chemins
Antoinette Lalève
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Dedans le jour, dehors la nuit... je ne sais plus très bien.
Ma dernière vision claire : des visages masqués, penchés sur moi qui suis inondée d'une lumière crue, des voix mais déjà je ne saisis plus leur sens.
 
J'ouvre les yeux, une douleur acérée.
Je veux bouger, m'asseoir mais je suis attachée.  
Une voix, angélique, me rassure. « Ne bougez pas, tout s'est très bien passé, pas de mouvements pour le moment. »
Tout me revient : une opération à cœur ouvert que je redoutais, que je finissais par attendre avec impatience.
Voilà, c'est fait.
Oh, miracle !
Quel plaisir dans des actions primaires : monter, descendre les escaliers, pareille à l'enfant qui apprend à marcher et cherche à s'aventurer vers plus difficile, dans l'exploration du monde.
Des jours pleins à jouir de ce qui est autour de moi, un hôpital parisien.
Un temps de grâce qui a duré trois mois, le temps de la convalescence.
 
La réalité de ma vie m’a rattrapée par une douce soirée d'automne. Un entretien avec mon père, sur un banc public. Avare en mots et gestes d'affection. Droit au but : « Reviens en France, Pour ta santé. » Je n'ai pas répondu. Ne pas gâter cet instant si paisible entre nous où l’air translucide semble presque palpable. La décision ne dépendait pas de ma volonté. Quelle ironie pour moi qui ai quitté le nid familial à vingt ans pour vivre en indépendante et parvenir à ce constat.
 
Plus tard on verra.
Ma devise.
Jusqu'à ma rencontre avec Selma.
 
J'entends encore sa voix sonore, un rien rocailleuse, comme elle m'ouvrait sa porte avec un large sourire qui illuminait ses yeux chatoyants de bonté. Tous les mardis, entre midi et deux heures, elle me conviait à sa table d'ancienne restauratrice. Sa cuisine libanaise, une jouissance pour les yeux et le palais. Je découvrais les parfums des épices. Sa conversation, un enchantement d'anecdotes qui me changeaient de mon quotidien morne, émaillé de mots insultants. Un compagnon de vie enfermé en lui-même et possessif. 
Je la quittais avec des revues qui aéraient ma routine étriquée, remplie d'interdits, de frustrations. Elles m’emportaient vers des chemins d'espérance. J'entrevoyais des sorties de secours à tout ce qui me bloquait et m'étouffait. J'ai commencé à étudier une philosophie de la vie qui me parlait de dignité, de bonheur, de réaliser mes rêves en écoutant mon cœur d'enfant. Pendant que je lisais dans la moiteur des nuits équatoriales, je sentais en moi la chrysalide qui choisissait ses couleurs avant sa métamorphose. Je ne comptais plus les moutons réticents pour appeler un sommeil fuyant. Je sortais dans le jardin pour regarder les étoiles. Un ciel noir, profond, rempli de mystères, de possibilités. Je respirais dans un corps en expansion.
Déjà la saveur du bonheur !
Par une nuit particulièrement sombre, traversée de lucioles, j'ai entendu une voix familière me chuchoter : « J'ai toujours respecté ta maman. »
 
Que la voix de mon père me trouve enfin.
Mon père qui n'a pas pu m'empêcher de mener ma vie comme je le voulais.
Quand il est décédé, je me trouvais à six mille kilomètres, transportée de joie à la perspective de lui présenter mes enfants bientôt.
J’ai reçu la nouvelle au téléphone comme une massue, après son enterrement.
J'ai basculé de l'arc-en-ciel dans un puits glauque.
J’ai manqué à tous mes devoirs filiaux. 
 
Tombé de ton lit un soir. Transporté à l’hôpital. Mort au bout de quarante-huit heures. Une mort paisible. 
Jusqu’au bout, tu es resté fidèle à toi-même. Discret, pas de vagues.
Je ne t’avais jamais vu vraiment en colère. Trop mou à mon goût car je fulminais à vingt ans contre les injustices dans le monde. Je pensais : il n’est pas engagé. On me disait : ton père est bon. 
Je reconnais aujourd’hui, ton engagement à ta petite famille. Tu l’as protégée des flammes générées par des guerres idéologiques et autres ambitions de pouvoir.
Sur le paquebot qui a permis à la famille de fuir l’Indochine déchirée entre communistes et capitalistes, devant le port de Marseille, baignant dans la lumière, j’ai vu des larmes couler sur tes joues. Comme je te regardais sans comprendre la cause de ton chagrin, tu as juste dit : « Ce sont des larmes de joie. »
 
Nourrie, en dépit de moi, de tous les chemins parcourus, dans l’ignorance, dans la fébrilité ardente.
Aujourd’hui, dans le silence de chaque jour naissant, je me prépare à l’inconnu qui m’attend.
Heureuse d’être dans l’acceptation de qui je suis.
Parfois, rien. Parfois, une fulgurance. Toujours la gratitude des rencontres, des liens, érigée comme un principe de vie.
=====

 
 
Je restais là, près de lui
Odette Sakka
 
Dedans le jour, dehors la nuit… je ne sais plus très bien.
Il venait de fermer les yeux à tout jamais, en pleine lumière d’un matin d’avril.  Je restais là, près de lui, prostrée, incapable du moindre geste ou d’une seule parole. Alors, moi aussi, comme pour mieux m’emmurer dans ma nuit ; je fermais les yeux. Puis, dans le silence, les pages de mon journal intime défilèrent : miracle de l’inconscient qui m’apportait en vrac des événements lointains et me les faisait revivre comme appartenant à un passé très récent. Cette immixtion venait apaiser ma vie intérieure ;  le monde semblait inversé : vacances au soleil, nous courons sur la plage de sable fin et chaud avec les enfants.
            Tunisie de rêve,
             Vacances sans trêve,
             Retour en pleine grève. 
 
Le port est paralysé ; sirène sonore de notre supposé paquebot lançant son appel de détresse aux voyageurs infortunés. Rentrée retardée, vacances prolongées, bonheur partagé !
Je me prends à sourire au souvenir de ce monde idéal, vécu pleinement. Tous les week-ends en camping-car ! L'âne évité au tout dernier moment, juste après un virage en épingle, et nous voilà tous les uns sur les autres : fous-rires ! 
ou encore le cerf tapi derrière le véhicule, et détalant en même temps que nous, emportant dans sa fuite un de nos fauteuils pliants oublié dans la précipitation du départ ! 
Enfin  le chien errant et ses trois chiots qui ne veulent plus nous quitter : pris de pitié, nous les embarquerons avec nous !   
le troupeau de moutons qui bêle, notre réveil à quatre heures du matin, ou encore les centaines de grenouilles  défilant en procession près du lac, et nous empêchant d’avancer. A l’évocation de ces souvenirs, ma nuit s’éclaire.
Il me sourit ; il me chuchote des mots doux à l’oreille, le parfum de l’amour, mais également celui de l’insouciance. C’est si loin ! Mais non, c’était hier. Impossible d’oublier. Souvenirs gravés à jamais, car marqués au fer rouge au fin fond de ma mémoire.
J’ouvre les yeux, et je bascule aussitôt dans la cruauté inexorable du monde de la nuit. Même pas de sortie de secours pour m’épargner le chemin de la réalité. Tout bascule en moi ; je ne sais plus où je suis, où j’en suis, ni qui je suis. Mais est-ce si important ?
 
Plus tard, on verra. Pour le moment, je dois me ressaisir. Je quitte ma  chrysalide pour émerger dans le monde du réel. Naissance ? Renaissance ? Sans l’Autre- seule - ou plutôt avec moi-même - avec mon double peut-être. C’est la nuit du dehors. J’allume la lampe : la lumière m’éblouit, mais ne m’aide guère ; au contraire elle m’entrave. Qui pourra me venir en aide ? Je retiens mon souffle. Mon appel de détresse semble entendu. J’écoute du fond de ma nuit, et il me semble …
 
Que la voix de mon père me trouve enfin ! Sa petite taille dominée par un fort caractère ; il me regarde. Va-t-il encore me gronder comme au temps de mes dix ans ? Il me fixe de ses yeux sombres qui me lancent un défi. J’ai peur.  Je dois atteindre le sommet de l’obstacle-montagne la première, sinon c’est l’esclavage, la soumission ; jusqu’à quand ? à l’infini !
Incapable de soutenir son regard, je détourne la tête. Mais, tel un aimant, il me force à le regarder à nouveau. J’ai mal : une vraie torture. Mon cœur bat la chamade ; mes tempes bourdonnent. Je dois absolument y arriver.
Soudain, après plusieurs tentatives infructueuses, je réussis ! 
Finie la panique ; Et là, distinctement, la parole se fait entendre : celle du soutien, et non celle de la réprimande ; la bouée de sauvetage ; un pont qui m’aidera à traverser la crise, me reliera à la dure réalité. Mon univers translucide s’éclaircit peu à peu ; le voile se déchire. J’aperçois le chemin de la vie qui m’attend, moins escarpé, plus orné de verdure. Je me redresse, mue par une volonté toute nouvelle. Je ne me reconnais plus ! je me sens  prête à déplacer des montagnes ! 
Du fond du cœur, je Lui adresse mille remerciements !
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Quand je fus
Roselyne Allen - (fragment)
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La randonnée de mon enfance
Aïcha Lebrun
 
Dedans le jour, dehors la nuit...
Je ne sais plus très bien ce qui se passe, je ne comprends pas.
Le panneau "sortie de secours" s'est allumé d'un seul coup.
Puis le chemin était éclairé et en même temps, j'ai eu l'impression qu'un parfum arrivait jusqu'à moi.
L'odeur spécifique des moutons que j'allais bientôt découvrir.
Il y en a au moins une centaine, il y a des agneaux de quelques  mois, qui tètent encore leur mère,
sans compter le marquage à la bombe pour pouvoir les distinguer au premier coup d'œil. Il y en a des verts, des bleus, des rouges ; une vraie palette de peintre.
J'ai ressenti l'odeur avant même de les voir.
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fragment
 
 
et : une émission de radio web au CSC, quelques lauréates masquées..., palmarès des lauréats
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sur le thème d'après la nuit...

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INFO :

le 14ème appel à concours ENE sera lancé le 31 août prochain.

http://www.editionsepingleanourrice.com

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